
Voici le phare des Mamelles; c'est un peu à la sortie de Ouakam. Je montais souvent là-haut prendre un apéro au coucher du soleil. Un endroit tranquille ( c'est difficile à trouver, d'autant qu'être seul est une chose incompréhensible pour les sénégalais; souvent en voulant chercher un peu de solitude hors de chez moi, on m'accostait en me demandant si tout allait bien...Et leur faire comprendre que ce que l'on cherche c'est justement d'être seule n'est pas chose aisée. Alors le phare des Mamelles était pour moi un refuge privilégié.) où l'on a une vue surprenante sur la mer bien sûr mais aussi Dakar au loin.
Autre vue du phare; je ne suis allée qu'une fois sur la plage d'en dessous ( et oui!! Je préfère les ballades que les cession crêpes sur la plage) et c'était de nuit avec des amis du village: feu de camp, chansons détournée ( sur l'air de stir it up de Bob Marley, un ami, Massène, nous a chanté "Silip be, dafa wär" : ce qui veut dire: " le silp-là, il est blanc")...
LA LEGENDE DES MAMELLES:
Bon, il y a deux Mamelles, celle où se trouve le phare et celle où se trouve le Monument de la Renaissance Africaine. Ce sont deux volcans qui ne sont plus en activité depuis fort longtemps. En voici la légende:
Il y a fort logntemps, au village de Ouakam, vivaient deux co-épouses. Toutes deux étaient bossues; l'une était accariâtre, l'autre la douceur même. La sympathique bossue entendit parler du bal des sorcières un peu àl'écart du village et décida d'y aller afin de se débarasser de sa bosse. Elle partit donc dans la nuit noire, se rendit sur le lieu de la fête et se fondit dans la masse. La fête battait son plein, elle demanda alors à une sorcière assise à côté d'elle si elle voulait bien lui tenir son bébé pour qu'elle puisse aller danser. La sorcière prit ce qu'elle pensait être un bébé et la co-épouse s'en alla rapidement vers son village.
Qu'elle ne fut pas la surprise de la concession lorsuq'elle se leva droite, altière..sans bosse!!! L'accariâtre était verte de jalousie et de rage. Sa rivale était devenue belle et elle craignait que leur mari ne vint plus partager sa couche avec elle. Elle alla voir sa rivale, toute mielleuse, et lui demanda comment elle avait réussi à se débarasser de sa bosse. Celle-ci lui expliqua toute l'aventure, il fallait juste à l'accariâtre d'attendre la prochaine fête des sorcières...
La fameuse nuit venue, elle partit elle aussi à l'endroit où se retrouvaient les sorcières. Elle fit comme l'autre co-épouse...Elle damanda à la sorcière à côté d'elle si elle voulait bien prendre son bébé pour aller danser; mais la sorcière au lieu de prendre sa bosse lui dit: "Tiens, je te rends celui que tu m'as donné l'autre fois!". La malheureuse se retrouva alors avec deux bosses!!!!
La jeune femme, désepérée, court jusqu'à la falaise et se jette dans la mer et il en ressortit les Mamelles!
Fin de l'histoire.

J'ai vécu pas mal de temps à Ouakam; dans différents endroits du village. J'aimais beaucoup y être, me ballader tard la nuit dans les "boyeaux" du village. certaines ruelles sont si petites qu'on ne passe pas à deux. La nuit, on entendait toutes sortes de chants, de bruits, sans oublier qu'on y sentait toutes sortes d'odeurs. On y voit rien, mais je connaissais chaque "boyeaux" par coeur et n'avait pas besoin de lampe pour savoir où j'allais. Les gens y sont fantastiques et pour peu que vous fassiez l'effort d'apprendre leur langue, de vivre avec eux et de vous habiller aussi comme eux, vous aurez toutes les chances de vous intégrer. Souvent au marché de Ouakam, les vendeuses me donnaient des tomates ou des courgettes en plus: elles appréciaient que je négocie en wolof, que je prenne le temps des salutations...Mon tailleur était là bas aussi et même lorsque j'ai quitté le village pour m'installer à HLM Grang Yoff, c'était chez lui que j'allais pour me faire faire mes boubous. Il a toujours été fantastique avec moi; il s'apelle PAPE NIXOR et son atelier se trouve à l'entrée du marché.
Il ya un autre marché à Ouakam tous les jeudis: là pas de légumes ou de nourriture, mais des fringues, des ustensiles de cuisine, des paillasses..Une ambiance très sympas.
Les petites cantines de Ouakam sont très bien aussi: on peut y manger du très bon tieb bou dieun ou du yassa poulet. Les tanganas sont légions. J'adorais aller y manger une omelette. Pourtant on ne peut pas dire que ce sont des modèles de propreté mais j'y allais pour l'ambiance. les femmes sénégalaises ne fréquentent pas du tout les tanganas..alors les premières fois où j'entrais dans un tel lieu on me regardait avec curiosité ( en fait, le tangana n'est pas l'apanage des toubabs non plus), mais très vite je fus acceptée et participât à des discussions endiablées... On m'y donna plusieurs noms: fatima, Khadija, Awa...Il faut quand même que j'explique ce que c'est que le Tangana: une petite cabane en dur ou pas, où un monsieur fait des omellettes, du lait chaud ou encore des tartines de pain pour le petit déjeuner. ET comme je le disais tout à l'heure, il ne faut pas être regardant sur l'hygiène: la table est grasse, le verre est juste rincé à l'eau froide d'une bassine disposée à côté du gars et la poêle n'est pas lavée très souvent..mais voilà, mon estomac était habitué à pire et il y a une ambiance qu'on ne trouve nulle part ailleurs..alors, lorsque votre organisme se sera habitué, n'hésitez pas une seule seconde, allez au Tangana.