exposition de mes peintures, des photos de mes voyages, mes impressions, ce que jai pu faire en théâtre avec des personnes handicapées,mes stages de clown.

c'est donc moi...enfin, c'est plutôt mon clown..Ninie!!!!
stage de clown
Je viens de participer au dernier stage de découverte de mon clown. Ce fut particulièrement éprouvant, riche en émotions, en découvertes aussi. Ce fût aussi pour moi l'heure du bilan, de l 'acceptation de mon clown. Il y eut des rires, certes, mais aussi des pleurs.
Première journée:
J'intègre un groupe qui se connaît déjà depuis 4 jours. Mais comme à chaque fois, il règne une bienveillance propre à vous mettre à l'aise.
Nous commençons par former un cercle; chacun à notre tour, quand nous nous sentons prêts, nous devons décrire ce qui fait que nous sommes uniques, un individu avec ses propres caractéristiques. Ce fût principalement des traits physiques: qui, un tatouage, qui, des tâches de naissance...pour ma part, rien d'original: mon nez cassé faisant office de reposoir pour mes lunettes devait suffir. Il est intéressant de voir que pour beaucoup de gens, la différence se fait par le biais du physique. Peut-être avons-nous aussi choisi la facilité puisqu'il fallait aussi que nous prouvions cette distinction.
Puis, nous nous divisons en deux groupes; chacun dos au mur, les uns en face des autres. Chaque membre du premier groupe devait s'approcher, chacun à son rythme, de son vis-àvis sans le détacher des yeux jsuqu'à ce qu'il soit à la « bonne » distance de l'autre. C'est à dire la distance qui lui permet de se préserver, distance dans laquelle il se sent bien par rapport à l'autre. Le vis-àvis pouvait aussi manifester sa « bonne » distance en disant « stop » s'il se sentait agressé dans son espace. Voici ce que j'ai trouvé sur un site sur ce concept de « distance personnelle »: « la distance personnelle désigne la distance minimum acceptable par chaque individu. On peut l'imaginer comme une petite sphère protectrice ou bulle qu'un organisme créerait autour de lui pour s'isoler des autres. Cette distance n'est jamais fixe, est en perpéteulle évolution, auto-évaluée et réajustée sans cesse en fonction de la dynamique de la relation tant au niveau des messages conceptuels que des messages affectifs. » J'avais le nez quasiment collé à mon vis-àvis qaund il m'a semblé que j'avais trouvé « ma bonne distance ». Le long de ce chemin jusqu'à cette personne, je ne l'avais pas quitté des yeux et avais un perpétuell sourire; certainement parce que je me sentais à l'aise. Pour les autres du groupe, les distance étaient extrêmement variables; certains ne s'étaient à peine éloignés du mur. Ceci dit, tout cela est contextuel: il est rare que je m'approche de quelqu'un au poitn de l'avoir juste sous mon nez; en effet, cette notion de la « bonne distance » dépend du contexte, du type de relation à la personne que nous entretenons. Qui plus est, il semble aussi que le fait de garder les yeux rivés sur son vis-àvis aie grandement compliqué l'exercice pour certains membres du groupe. Cette notion de « bonne distance » est fascinante. D'ailleurs, voici ce que dit Maurice Liegeois à propos de la « distance thérapeutique: « elle n'est jamais fixe, est sans arrêt auto-évluée et réajustée. Trouver et gérer la « bonne distance thérapeutique » est une sécurité psycholigique pour l'aidé et l'aidant... La bonne distance est très variable d'une individu à un autre:trop près je risque de tomber dans une relation de type fusionnelle, trop loin je ne vais rien entendre de la souffrance de l'aidé. Cette distance permet de perndre le recul nécessaier pour que chacun garde son autonomie maturante vers un mieux-être. » Ce qui semble absolument primordial aussi dans notre domaine qu'est l'art-thérapie.
Ceci est ma place: exercice que nous avions déjà effectué lors de clown1 avec une grande variante. 5 personnes sur scène dos au public; chacun doit se retourner vers le public et dire « je m'appelle...et ceci est ma place », le répéter jusqu'àce qu'un autre se retiurne vers le public pour déclamer cette phrase. Or cette fois il nous fallait changer de personnage non seulment à chaque fois que nous nous retournions vers le public mais aussi à chaque répétition de cette phrase. Trouver sa place, sans empêcher l'autre de prendre la sienne, s'imposer sans écraser l'autre, en le laissant s'exprimer et laisser exprimer tous les Moi qui sont en nous.
L'exercice « je suis »: sans masque, sans préméditation, avancer vers le public, puis dire « je suis.... ». « Je suis vivante; je suis loyale ». Berf, tout ce qui nous vient à l'esprit que cela soit vrai ou pas. A vrai dire, j'ai du mal à croire que l'on puisse mentir ou inventerlors d'un tel exercice puisqu'on ne réfléchis pas. On arrive sur la scène « nu » de toute pensée et on laisse venir les qualificatifs. Ce que je veux dire par là, c'est que c'est l'inconscient qui va parler et parfois nous faire dire des choses saugrenues ou parfaitement inattendues.
Le duo: nous devions, sans concertation, arriver avec un contact physique, monter sur la scène; nous avions quelque chose à dire au public et c'est la même chose pour les deux clowns. Attente, repsiration, lâcher-prise, laisser-aller; se laisser emporter par notre propre imaginaire tout en acceptant l'imaginaire de l'autre; être à l'écoute de l'autre..tout cela dans une totale improvisation , dans l'instant présent, l'ici et le maintenant. Ce duo a été un grand moment de joie. Nous n'avons pas utilisé un langage compréhensible; nous nous sommes écoutés, nous avons communiqué..bref, la « magie » a fait son chemin. Cela a été beaucoup plus facile pour moi lors de ce troisième stage d'effectuer un duo, d'accepter pleinement cette rencontre des univers imaginaires. Nous nous sommes fait plaisir tout simplement dans un lâcher-prise quasi ennivrant.
Le solo: non-verbal; contact visuel immédiat avec le public et garder ce contact jusqu'au bout ( c'est à dire jusqu'au retour dans les coulisses voire même dans les coulisses). Le but était ici d'inverser les rôles: notre clown devait faire en sorte que le spectacle soit inversé; ce n'est plus le public qui regarde un spectacle mais le clown qui regarde un spectacle. Prendre son temps, être encore une fois dans l'ici et le maintenant; prendre ce qui vient et le tenir. Là aussi ce fût un grand moment; regader chaque membre du public comme s'il était un spectacle en soi était très amusant et il faut le dire procure un certain plaisir.
2ème journée:
nous sommes cette fois en demi-cercle. Chacun à notre tour, nous nous mettons au milieu et nous devons regader chacune des personnes du groupe avec un regard neutre: pas de communication dans ce regard, pas de demande, pas de désir , pas de recherche de réponse...un exercice pas simple du tout, quand on sait à quel point nous communiquons par la biais du regard: par le regard nous demandons à être vu en retour, à être aimé ou à dire que nous aimons ce que nous regardons; notre regard change en fonction aussi de ce que nous regardons...j'eûs du mal à ne pas sourire, ce fût une lutte constante; lorsque nous sentions que nous allions communiquer quelque chose, nous pouvions fermer les yeux quelques instants et reprendre.
Puis, sur de la musique, suivre un chemin qui est envahi par le feu; le traverser à notre manière à plusieurs reprises.
Il nous fût demander de choisir entre chanter et danser. J'ai préféré pour ma part chanter...la danse n'étant pas exactement ce que je préfère faire. Et il était amusant de me confronter une fois encore à un public alors que je chantais. Lors du premier stage de clown, nous avions eu à chanter également mais nous devions être la chanson. Cette fois-ci, il fallait juste la chanter naturellement. Et c'est bien la permière fois que j'oublie les paroles d'une chanson d'ailleurs. Bloquée sur la scène, je regarde le public, mais je ne ressens aucune panique; je fixe du regard chaque membre du public et la chanson me revient. Soulagement pour moi, car il n'y a pas si longtemps, j'aurai pris mes jambes à mon cou et serai aller ruminer ma honte plus loin.
Duo: deux chaises qui se trouvent à chaque sortie de coulisse; il y a un passant ( il veut donc passer) et un passeur ( qui ne veut pas laisser passer). Rien n'est préparé, tout doit se construire tout seul. Chacun prend sa place sur une chaise et attend que quelque chose se passe. Le passeur ne doit pas pousser de même que le passeur; si passage il y a il doit se faire naturellement. Là encore avec mon partenaire, nous n'avons parlé aucun langage compréhensible. Ce ne fût que des espèces de grognements. Ce qui s'est passé lors de ce duo m'a profondément bousculée. En effet, mon clown s'est révélé extrêmement dominateur; mon clown exagérant ce côté dominateur finît par avoir gain de cause: il est passé. Ceci dit, après cela, je ne savais plus du tout où j'en était, choquée par cet aspect de mon clown que je ne connaissais pas. J'ai même failli présenter mes excuses à mon partenaire pour ce duo mais je n'en fis rien. C'est donc extrêmement troublée que j'effectuais l'exercice qui suit et qui fût encore plus éprouvant.
Le quintet: 5 clowns sur la scène; chacun vient persuader le public qu'il est le plus beau, le plus clown; pas de jeu avec les autres clowns, pas de contact avec eux non plus. Je n'ai persque rien fait dans cet exercice: je me suis retrouvée au milieu des autres clowns qui hurlaient qu'ils étaient beaux..Un clown s'est même déshabillé..Pourtant dans le public, certains me regardaient et essayaient de m'encourager deu regard, mais il était déjà trop tard pour moi. Désorientée, je me suis laissée envahir par le sentiment de n'être personne, de n'être rien...un sentiment très étrange de vide ou plutôt d'inquiétante invisibilité s'est emparé de moi. Je suis retournée dans les coulisses pour pleurer de tout mon saoûle même si je ne savais pas très bien ce qui se passait chez moi. J'ai eu du mal à quitter la coulisse pour expliquer mon ressenti; ce sont les autres clowns qui sont venus me chercher. J'ai finalement expliqué que j'avais vécu cette situation avec beaucoup de violence.
Le bilan:
Il m'a fallut plusieurs jours pour me remettre de ces émotions. En regardant de loin ce qui s'est passé, je me suis rendue compte que mon problème n'est pas le regard que porte les gens sur moi ( regarder quelqu'un dans les yeux ,sans le quitter des yeux, ne m'a jamais posé de problème), mais plutôt la non-existence de ce regard; la peur de n'avoir pas assez de présence pour avoir ma place. Je me suis laissée embarquer dans ce qu'Antonio Quinet appelle la société scopique: « il faut être vu par l'autre ». « L'autre me voit donc je suis ». Parce qu'en réalité, des gens du public me regardait avec bienveillance et je n'ai pas réussi à me raccrocher à leurs regards. Je ne vois pas cette expérience comme un échec mais plutôt comme une chose à travailler; et le mieux étant de le faire par le biais du clown.
Pour ce qui est du côté « dominateur » qui s'est révélé chez mon clown, c'est ne lisant l'autobiographie d'Howard Buten que j'eus la réponse la plus appropriée: « tout ce qu'il faut à un clown, s'il est bon, c'est être »; ou encore Kathleen Leroux: « Un bon clown, c'est l'incarnation vivante des vulnérabilités, doutes et excentricités de l'individu qui se trouve à l'intérieur. Le nez rouge est un outil pour nous révéler plutôt que nous masquer ». Et je termine avec cette citation: « Notre clown nous ressemble beaucoup, il est aussi une loupe sur nos pires défauts, ce n'est pas toujours facile et parfois ça fait mal ». Oui ça fait mal, mais c'est aussi libérateur. J'ai décidé d'accpeter ce qu'est mon clown, cette part d'ombre. Il m'a fallu du temps pour digérer tout ça; mais cela m'a conforté dans mon envie de travailler mon clown, d'aller plus loin dans l'aventure.
J'ai pu remarquer aussi, depuis que je suis partie à la recherche de mn clown, que je ne suis plus paniquée à l'idée de parler en public, surtout lors des réunions institutionnelles. En effet, celles-ci me jetaient dans les affres de la peur, de la panique et j'avais toiujours l'impression de me dissoudre intérieurement. Maintenant, ce n'est plus le cas: un pau de trac, certes, mais je suis calme et donc à même de m'exprimer clairement.
Au départ, je voulais essayer le clown pour me déshiniber et aussi parce que j'étais ( je le suis toujours) persuadée que le clown est un magnifique média dans un atelier d'art-thérapie. Je le pense toujous, mais je me rends compte aujourd'hui qu'il va falloir que je travaille mon clown plus en profondeur si je veux un jour l'utiliser dans un atelier d'art-thérapie.
« Buffo », Howard Buten.
Http://www.serpsy.org/detour/distance.html
Le clown, rire et/ou dérision, sous la direction de Nicole Vigouroux-Frey.
Et une petite photo du groupe de clowns que nous étions!!!

Je suis au milieu sur la prmière ligne de clown.....:)
Et puis, on a fait un mini-lâcher de clown avec deux copines du stage:
Drôle d'histoire que cette photo: le gentil petit vieux qui est là a voulu se faire prendre en photo avec nous...C'était dans un bar-tabac du boulevard Voltaire à Paname.