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exposition de mes peintures, des photos de mes voyages, mes impressions, ce que jai pu faire en théâtre avec des personnes handicapées,mes stages de clown.

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Rapport de stage en pédopsy

 

 

Formation d 'art-thérapie. ( cursus par correspondance)

PROFAC, Arles.
Stéphanie Carvalho-Périchaud

Rapport de stage pratique

Du 15 octobre 2007 au 27 juin 2008.

Service de pédopsychiatrie du Bois Perrin

Rennes (35)

 

Responsable de stage: Michel Jamet.

Remerciements:

 

 

Nous remercions tout d'abord les enfants pour la confiance qu'ils nous ont accordée.

 

Un grand remerciement à Claire Nicolas pour son soutien et ses conseils.

 

Tous nos remerciements à toute l'équipe de l'unité Antarès ainsi qu'à Alexis Roubini et Michel Jamet pour leur confiance et leur soutien.

 

Introduction:

 

Pour ce premier stage pratique, nous avons voulu découvrir l'univers de la psychiatrie et plus particulièrement de la pédopsychiatrie. Les ateliers d'art-thérapie, animés par des stagiaires, existaient depuis déjà quelques années, quand nous a été offert l'opportunité d'élaborer un projet art-thérapeutique dont le média serai le récup'art. Le projet de départ allait se transformer en fonction des réalités du terrain pour donner vie à une toute autre manière de gérer la prise en charge courte et à une collaboration avec l'équipe pluridisciplinaire du centre du Bois Perrin.

 

 

Le Bois Perrin, l'unité Antarès:

 

Le centre du Bois Perrin est une unité de psychiatrie infanto-juvénile attachée au CHGR ( Centre hospitalier Guillaume Régnier). Y sont pris en charge tous les enfants et adolescents de moins de 16 ans en situations de crises aigües telles que les passages à l'acte, agressivité, troubles psychotiques, fugues répétées, tentatives de suicide. L'hospitalisation est brève ( maximum deux mois) et à temps plein.

L'équipe est composée de 15 infirmiers, d'un cadre, d'une psychologue, d'un pédiatre, d'un interne, d'un psychiatre, d'une secrétaire ainsi que d'un agent sanitaire et hôtelier.

 

1- Les objectifs:

 

  • La contenance: contenir les angoisses aussi bien du patient que de sa famille, ainsi que l'agressivité ou les éventuels passages à l'acte.

  • Mise à distance: par la verbalisation et l'élaboration psychique.

  • Remise en lien avec la famille et le réseau social ( école, activités extra-scolaires..)

  • Assurer le relais pour la suite des prises en charge thérapeutiques.

 

2- Le projet de soins:

 

Il s'effectue en trois temps:

  • Le temps d'accueil:

a) Celui-ci commence par une consultation de pré-admission, médecin et infirmier, qui se trouve être le premier temps de rencontre avec le jeune et sa famille. Puis vient l'accueil infirmier durant lequel le june et sa famille sont accueillis dans l'unité qui leur est présentée ainsi que le fonctionnement de celle-ci. Par ce biais est cernée la problématique.

b) Par la suite, est élaboré un protocole d'accueil. Celui-ci se situe dans un lieu défini ayant valeur de contenant où une approche individualisée sera rendue possible. Ce protocole d'accueil dure environ deux jours et permet au jeune, dans le cadre d'une relation privilégiée avec les infirmiers, de verbaliser, de penser, mais aussi ce temps d'acceuil individualisé permet une mise à distance de la problématique.

Il est aussi le temps du bilan somatique ( bilan sanguin, ECG). L'enfant est vu par un pédiatre pour un bilan complet et par la psychologue qui effectuera une évaluation. Il lui sera aussi proposé une évaluation scolaire. Pendant ce temps les visites de la famille sont suspendues.

L'équipe pluridisciplinaire va, lors des temps de liaison la problématique, dégager des hypothèses de travail et définir des actions de soins.

  • Le temps groupal:

Le jeune intègre le groupe ainsi que la vie institutionnelle avec ses règles de vie. Les soignants prposent des champs d'expression et des champs de créativité. Y est privilégié le temps des médiations. Celles-ci sont proposées au sein de l'unité mais aussi à l'extérieur; ce qui nécessite la constitution de petits groupes hétérogènes ainsi que de se centrer sur le tenue d'un cadre thérapeutique contenant : régularité, respect du groupe, des règles et des soignants, accompagnement des expressions, des relations et des ressentis.

-Le temps de remise en lien:

Celui-ci est intriqué dans le temps groupal. Les visites de la famille sont reprises, le jeune peut être amené à partir pour le week end en famille. L'infirmier-référent du jeune accompagne celui-ci et sa famille dans cette phase. C'est le temps de la reprise des liens sociaux: l'école le plus souvent.

Dans certaines situations, la remise en lien nécessite un partenariat étroit avec les CDAS, les familles d'accueil et les institutions éducatives ou médico-sociales. Ce partenariat est le fondement de la réussite des projets du jeune et y apporte une cohérence.

 

3- Les activités:

 

Un certain nombre d'activités sont proposées; quelques unes sont sur indications ( l'art-thérapie, le cirque selon les cas), d'autres obligatoires ( le sport). L'école, quant à elle, accueille les enfants tous les matins sauf le mercredi. Outre les activités énoncées ci-dessus, on trouve également: la balnéothérapie, l'équitation, le groupe d'écriture, le groupe causerie, l'informatique et l'esthétique.

 

Les différentes pathologies:

 

1- De l'adolescence:

 

L'adolescence est le passage de l'enfance à l'âge adulte. Ce passage ne se fait pas sans encombres, d'où pour beaucoup la notion de « crise d'adolescence ». Nous pouvons dire qu'il s'agit plus d'une mutation psychique et physique ( « le complexe du homard »de Dolto

exprime parfaitement celle-ci.) La notion de crise étant insatisfaisante car ce qui fait crise n'est pas l'adolescence ou l'adolescent, mais plutôt l'environnement familial et social de celui-ci qui se montre dans l'incapacité de l'accompagner dans cette transformation. D'où la perte des liens ( aussi bien familiaux que sociaux), l'agressivité, le mal-être. D' après l'équipe soignante du centre avec laquelle nous avons collaboré, on ne pose pas de diagnostic de maladies psychiatriques; ce sont plutôt des états, états transitoires qui trouveront ou pas leur résolutions. On parle plus de troubles de la personnalité et il est important de faire la différence entre le bouleversement adolescent et les pathologies.

 

2- Les situations les plus rencontrées dans l'unité:

 

  • Le mal-être avec une situation familiale compliquée. Peuvent être détectés ou dits des comportements incestueux ou violents. Ansi que des syndrômes dépressifs ( vision péjorative et pessimiste de soi-même, de l'avenir et du monde.)

  • Les pathologies du lien: rupture scolaire, sociale et/ou familiale; mais aussi une inquiétude vis à vis des ou d'un parents(s) ( refus de se séparer des parents); ces derniers étant eux-mêmes en difficulté. ( troubles de l'attachement, troubles des conduites, angoisse de séparation).

  • Troubles du comportement: difficulté de concentration, enfants rapides, voire hyperactifs.

  • Problématique sociale: délinquance, violence.

  • Des débuts de pathologies psychiatriques comme les troubles maniaco-dépressifs ( variations d'humeur hors proportions; lors de la phase maniaque, le sujet est anormalement euphorique avec une impression de toute puissance, irritable ou expansif et ce pendant au moins une semaine; lors de la phase dépressive, le sujet perd le sommeil, l'appétit, a des pensées morbides, ceci pendant au moins deux semaines; il peut y avoir des phases dites mixtes durant lesquelles le sujet va connaître les deux phases quasiment tous les jours).

  • Anorexie ( restriction progressive de l'alimentation accompagnée d'aménorrhée, d'un amaigrissement supérieur à 20% du poids corporel; structure psychologique montrant un certain théâtralisme, une tendance à la fabulation, imagination très riche, refus de la féminité, sentiment de frustration, de culpabilité...)

  • Et plus récemment, les conduites addictives ( alcoolisme ou toxicomanie: «  les deux phénomènes de l'addiction sont la répétition et l'incapacité à renoncer au comportement »).

 

La mise en place d'un atelier d'art-thérapie:

 

1- Du projet de départ au projet Hundertwasser:

 

Nous avions pris pour média le récup'art. Il s'agissait par ailleurs du sujet de notre mémoire. Intéressés par celui-ci, les cadres de santé du Bois Perrin nous proposèrent de mettre en place un atelier d'art-thérapie au sein de l'unité Antarès, à raison d'une fois par semaine ( le vendredi matin). Il fût convenu par ailleurs l'organisation de réunions de synthèse avec la participation du reste de l'équipe soignante, de la psychologue, du psychiatre et du chef de service et ce à raison d'une réunion toutes les six semaines. Nous serons suivi par une art-thérapeute extérieure à la structure avec laquelle nous nous réunirons une fois par semaine afin de parler de nos ateliers, qu'elle puisse nous conseiller et éventuellement pointer du doigt certains dysfonctionnements dans la pratique.

La difficulté du stage avait été soulevée pendant l'entretien: il s'agit de prises en charge courtes et les groupes sont ouverts: c'est à dire que nous ne pourrons être assurés de revoir les mêmes enfants d'une séance à l'autre. Les séances auront lieu dans une salle du deuxième étage et nous serons accompagné d'un co-thérapeute ( généralement un infirmier ou un infirmier-stagiaire).

 

Dès les premières séances, il nous apparût que, pour que le projet art-thérapeutique soit plus cohérent, il nous fallait trouver le moyen de pallier plusieurs problèmes. Outre que les enfants revenaient rarement d'une séance sur l'autre, il y avait aussi le problème du stockage des oeuvres inachevées. Il nous est apparu qu'il fallait créer un projet qui établisse un lien entre les jeunes au fil des séances et capable de regrouper les problématiques les plus rencontrées par ces jeunes. C'est alors que l'idée d'une oeuvre en perpétuelle construction est apparue. Nous nous sommes concentrés sur l'artiste et le thème de cette construction. Après avoir pensé à Matisse, Hundertwasser nous parût être mieux adapté: en effet, celui-ci n'était pas seulement peintre mais aussi architecte. Son oeuvre, riche en couleurs , en formes originales, nous semblait être le plus approprié pour construire un projet cohérent. Nous avons donc décidé de travailler à partir de l'architecture de cet artiste: le principe étant que l'oeuvre commencée par un groupe pourra être poursuivie par le groupe suivant. Cela permet de créer et de garder un lien avec les autres jeunes passés et à venir, de pallier le problème de l'inachèvement des oeuvres et par là même de leur stockage. L'oeuvre est en perpétuellement construction dans la limite de l'espace imparti et du temps du stage.

 

2- La démarche artistique:

Comme nous l'avons précisé plus haut, il s'agit d'utiliser le récup'art. Les matériaux utilisés seront donc des cartons, des boîtes d'oeufs, des rouleaux de papiers toilettes, des bouteilles plastiques et autres déchets propres, ainsi que divers papiers colorés, chatoyants ou mats, divers tissus de textures très différentes, la peinture également. Avec ce matériel devait se dessiner, se construire petit à petit les éléments d'une architecture fantaisiste abolissant les codes habituels. Le choix de ce média n'est pas dû au hasard. Au cours de nos recherches, il nous avait semblé que le récup'art pouvait être mis en lien avec le jeu ( l'enfant peut jouer avec n'importe quel matériau: il en fera un personnage, une voiture, ect...), avec la « bobine » de Freud ainsi qu'avec les objets transitionnels de Winnicott.

 

3- Les problématiques rencontrées:

Il s'agissait de repérer en premier lieu les différentes problématiques que les jeunes hospitalisés dans le centre présentaient. De ces observations, il en ressortit que:

  • La plupart des pré-adolescents et adolescents se dévalorisent et manquent d'estime de soi.

  • Ils ne parviennent pas à prendre de la distance et à se recentrer sur eux-mêmes.

  • Pour certains, l'imaginaire est comme étouffé.

  • Ils ont besoin d'un cadre rassurant mais aussi d'un cadre à respecter.

  • Ils ont rompu les liens avec eux-mêmes et avec les autres.

  • Ils rencontrent des difficultés à être en relation avec eux-mêmes mais aussi avec le monde.

  • Ils rencontrent également un problème de limites, parfois corporelles, parfois de l'espace ( que ce soit au niveau de la surface à travailler que de l'espace entre jeunes).

  • Ils peuvent ressentir des difficultés à travailler en groupe et avoir certaines craintes quant au respect de leur individualité.

  • Il est nécessaire d'enclencher une construction/ re-construction de soi.

 

Le projet Hundertwasser permet de regrouper toutes ces problématiques. En effet, le fait qu'il s'agisse de construire un habitat peut avoir un impact rassurant puisqu'il renvoie à la maison qui est généralement un endroit sécurisant et qui renvoie à la mère et peut avoir un aspect maternant; ce qui peut lui conférer un aspect contenant ( holding et handling de Winnicott). Les oeuvres de Hundertwasser étant très riches en couleurs, en formes étranges, aident les enfants à entrer dans l'imaginaire et procure à leur vue l'envie de créer. Il y a prise de plaisir rien que dans le fait d'utiliser des matériaux tels que le tissus qui peut rappeler le « doudou » ou l'objet transitionnel de Winnicott. Sans oublier que le fait de laisser sa trace sur une oeuvre déjà commencée crée un lien avec les autres et d'entrer en relation au monde ( du groupe présent, passé et à venir) tout en respectant l'individualité. On peut y éprouver les limites des espaces occupés par les autres sur l'oeuvre et dans l'atelier et aussi respecter ce qui a déjà été créé ( respect du cadre et de l'autre absent ou non). Le fait d'élaborer une mosaïque autour d'une fenêtre peut aider à enclencher une re-construction de soi. La concentration requise pour ce type de création permet une prise de distance. La revalorisation de soi et la meilleure estime de soi peuvent être enclenchées par la dynamqiue de groupe ou tout simplement par l'étonnement et la satisfaction du sujet devant son oeuvre.

 

Déroulement des séances d'art-thérapie:

 

Nous arrivions toujours avec vingt minutes -une demie heure d'avance, afin de parler brièvement des enfants qui seront présents à la séance du jour, de mettre en place la salle ou encore de ranger le matériel que nous avions apporté ( des déchets en l'occurrence, puisque le reste du matériel est acheté par la structure). Puis, le cothérapeute et le thérapeute allaient cehrcher les enfants qui avaient l'indication d'art-thérapie.

 

1- Accueil:

Chaque membre du groupe se présente, le thérapeute définit ce qu'est l'art-thérapie et explique le média utilisé et parle de l'artiste référence. Il est arrivé que pendant ce temps d'accueil, certains expriment leur mal-être, des problèmes rencontrés à l'extérieur de l'atelier.

 

2- Mise en bouche:

Des livres et des photos des oeuvres de Hundertwasser sont présentés aux enfants qui peuvent prendre le temps de feuilleter ceux-ci. Ils donnent leur opinion; leur préférence. C'est aussi un moment destiné à donner envie de créer, à susciter de l'enthousiasme et un début de prise de plaisir.

 

3- Création:

Chacun est libre de choisir de créer seul ou en groupe. Chacun choisit aussi son matériel parmi tous les matériaux proposés. Tous les styles de matériaux ont été utilisés: les différents déchets, les tissus, les divers papiers, la peinture. Une grande richesse de techniques: mosaïque, construction de maquettes, d'éléments décoratifs... C'est aussi un moment d'échanges aussi bien verbal que non-verbal suivant les sujets présents. Au fil du temps a été ajoutée la musique à cette étape de la séance afin de favoriser l' « entrée dans l'acte de création ».

 

4- Rangement et temps d'échange:

Chacun range et nettoie le matériel et est amené à se rassoeir. Chaque enfant est alors libre de s'exprimer ou non sur sa séance ou tout autre événement survenu en dehors de l'atelier.

 

5- Rédaction des observations:

Le co-thérapeute et le thérapeute rédigent ensemble leurs observations et questionnements ou élargissements sur chaque enfant présent lors de la séance. C'est aussi l'occasion de faire part de celles-ci au reste de l'équipe soignante.

 

 

Les réunions de synthèses:

 

1- Avec l'art-thérapeute:

 

Les réunions de reprise avec l'art-thérapeute se déroulaient une fois par semaine, en général le mercredi. C'était un moment d'échanges sur ce qui avait pu se dérouler durant notre dernière séance d'art-thérapie. N'étant pas aux séances d'art-thérapie, nous expliquions à l'art-thérapeute ce qui s'était dit ou fait durant la séance, ce que nous avions mis en place. Ceci nous permettant de repérer par exemple les transferts, que nous ne reconnaissions pas au début mais qu'au fil du temps et des réunions nous avons fini par repérer plus facilement. Lorsque nous rencontrions des difficultés, nous en parlions à l'art-thérapeute qui nous aidait à trouver une solution.

 

2- Avec l'équipe soignante:

 

Une fois toutes les 6 semaines, nous nous réunissions afin de parler de l'atelier d'art-thérapie. Cela permettait au reste de l'équipe d'être plus au faits de nos observations, de l'évolution des jeunes au sein de l'atelier. Nous transmettions un document écrit à chacune de ces réunions afin que toute personne absente puisse s'y référer.

Celles-ci étaient très importantes aussi bien pour nous que pour l'équipe soignante. En effet:

  • L'échange des informations permet d'étayer notre projet art-thérapeutique, d'évaluer l'évolution du jeune dans le cadre art-thérapeutique et hors de ce cadre.

  • Il est aussi possible de discuter avec l'équipe du bien-fondé ou non d'un projet que nous souhaitons mettre en place avec un adolescent que nous devons retrouver plus régulièrement dans nos séances. Cela permet notamment de ne pas aller trop vite avec un sujet ou de trouver une solution adéquate à la problématique sur laquelle nous nous sommes concentrés.

  • Il arrive souvent que les jeunes parlent à l'art-thérapeute de certains faits extérieurs à l'atelier. En rediscuter avec l'équipe soignante permet aussi de prendre de la distance avec ces dires voire de comprendre dans quelle dynamique relationnelle se trouve le jeune.

 

Etudes de cas:

 

1- Le cas de M:

 

M. est une adolescente souffrant d'anorexie. Elle est fille unique et vit, semble-t-il en vase clos avec son père et sa mère.

Elle a participé à 10 séances d'art-thérapie. Nous avions décidé de travailler sur son imagination, le lâcher-prise et sur la communication.

 

Dynamique de groupe:

-Communication: Lors des 4 premières séance, M. est complètement fermée à la communication aussi bien verbale que non-verbale. En fait, les autres semblent la déranger. Il faut beaucoup la stimuler pour qu'elle communique. Puis petit à petit, son visage s'ouvre, devient moins figé; elle regarde le thérapeute, lui demande des conseils, jette des coups d'oeils furtifs vers les oeuvres des autres. Au fil des séances, parle de plus en plus au thérapeute.

-Relation: Lors des 4 premières séances, M. n'est en relation qu'avec elle-même. Ce n'est que plus tard qu'elle entrera en relation avec le thérapeute sans pour autant entrer en relation avec les autres membres du groupe qui semblent toujours la déranger. En effet, se raidit dès qu'un autre adolescent lui parle. Ce ne sera que lors de sa dernière séance qu'elle acceptera l'autre. Par contre semble tout de même intéressée par ce que crée les autres.

-Lien: M. a commencé  par une oeuvre commencée par d'autres. Elle a fini par briser le lien avec les deux précédents créateurs en peignant par dessus une partie de l'oeuvre commencée. On peut voir cela comme une prise de confiance en soi, imposant sa façon de voir l'évolution possible de cette oeuvre.

 

Estime de soi/confiance en soi:

Capacité à exprimer ses goûts: Dès le départ, sait très bien exprimer et argumenter ses goûts.

Capacité à faire des choix: Si nous avons dû l'aider lors de la première séance pour le choix du matériel qu'elle allait utiliser, elle a su au fil des séances choisir par elle-même.

Prise de risque: M. a commencé par des moyens très simples et a préféré commencer par une oeuvre déjà commencée. A partir de la cinquième séance, elle utilise des matériaux plus diversifiés et se lance dans un projet architectural complexe.

 

Capacité artistique:

Moyens mis en place: Lors des trois permières séances, elle n'a utilisé que la peinture. Puis, se lançant dans un projet architectural, elle a utilisé divers matériaux tels que le carton, des feuilles de couleurs, du crépon, des rouleaux de papier toilettes.

Gestuelle et comportement corporel: Lors des 4 premières séances , elle semblait étriquée: petits gestes sans ampleur. Ce n'est qu' à la cinquième séance que nous avons pu constater un changement qui allait être toujours plus important: gestes amples, plus fluides. Son espace intime s'agrandissant en même temps.

Imaginaire: Lors des 5 premières séances, reste accolée à la réalité ou aux livres et cartes des oeuvres de Hundertwasser. Il nous a fallu supprimer ces supports. Au début, elle a utilisé sa mémoire, mais au fil du temps, a fini par se laisser aller. De plus en plus de lâcher-prise.

 

Comportement et humeur:

Tout au long de sa prise en charge, nous avons vu M. arriver avec un air triste et peu enclin à la communication. Ce n'est que lors de ses deux dernières séances que nous avons pu observer un changement qui en fait allait de paire avec d'une part, un retour pour le week end chez ses parents , d'autre part avec la fin annoncée de sa prise en charge au Bois Perrin.

Elle cherche la perfection en permanence ce qui crée des frustrations qu'elle ne gère pas toujours ( cela se traduit par de petits moments de vide pendant lesquels elle ne fait rien)

Elle a, par contre, toujours été très investie dans l'activité.

 

Prise de distance,verbalisation de faits extérieurs:

Prise de distance exprimée verbalement en fin de séance. On peut observer son visage s'illuminer au fil de la séance.

Ne parle d'aucun fait extérieur pendant les 4 premières séances; ce qui coïncide avec la fin de la suspension des visites familiales.

 

Pour conclure:

Lors de la dernière séance, M. est apparue souriante et pimpante. Ce que nous en savions pas c'est qu'à priori, elle ne devait pas venir en art-thérapie. Elle en avait décidé autrement car pour elle, la prise en charge était terminée certes, mais comme elle n'avait pas fini son oeuvre, elle se devait de venir la terminer et de l'accrocher.

Nous avons obcervé pendant le temps de cette prise en charge que:

  • M. se laissait petit à petit aller dans son imaginaire, agrandissant ses gestes en même temps que l'élargissement de son espace de création.

  • M. a fini par avoir une communication non-verbale fournie ainsi que verbale. Ceci dit, ce ne fût qu'avec le thérapeute ou parfois le co-thérapeute ( reproduisant peut-être la relation fusionnelle familiale).

 

2- Le cas de A.

Nous n'avons vu A. qu'une seule fois. Elle est arrivée pour des idées morbides et des tentatives de suicide. Elle vit dans un contexte familial très complexe et déstructurant.

 

Dynamique de groupe:

Communication: Elle était la seule adolescente présente ce jour-là. S'est montrée loquace, trop d'ailleurs. Nous a parlé d'emblée de son père qu'elle déteste tout en exhibant les lésions dû au fait qu'elle s'était grattée jusqu'au sang lors d'une entrevue avec son père. A des propos décousus.

Relation: est tout de suite entrée en relation avec le thérapeute et le co-thérapeute. Les cherche du regard, les interpelle.

Lien: de gros problèmes à ce niveau. Cela se voit surtout dans la structure même de son oeuvre.

 

Estime de soi/confiance en soi:

Capacité à exprimer ses goûts: exprime ses goûts et ses préférences dans les oeuvres de Hundertwasser.

Capacité à faire des choix: A. a elle même choisi le matériel qu'elle allait utilisé après mûre réflexion. Ceci dit, ses choix ne sont pas forcément judicieux.

Prise de risque: elle a choisi d'emblée de commencer une oeuvre. Elle prend des risques dans le sens où elle se met elle-même en difficulté mais ne met rien en place pour pallier celles-ci.

 

Capacité artistique:

Moyens mis en place: A. donne une impression d'organisation qui est vite supplantée par le fait qu'lle utilise des éléments hétéroclites pour former un ensemble manquant totalement de cohérence. De plus, elle n'utilise pas les bons outils pour réaliser son oeuvre ce qui fait que rien ne tient; son oeuvre tombe en ruine avant même d'avoir été terminée.

Gestuelle et comportement corporel: semble très affairée, a des gestes secs et rapides.

Imaginaire: a besoin de raccrocher au réel. D'ailleurs, les oeuvres de Hundertwasser sont toutes interprétées sous un angle ultra réaliste et celles avec lequelles elle n'y parvient elle ne les aime pas. Pourtant dans la création, dit elle-même ne pas savoir ce qu'elle fait ni ce que cela peut bien représenter.

 

Comportement/humeur:

Elle était très animée durant toute la séance; un peu débordante.

 

Prise de distance/verbalisation de faits extérieurs:

Il ne nous semble pas qu'il y ait eu une prise de distance pendant cette séance. Elle n'a eu de cesse de parler de sa famille ( de ses frères qui l'agacent profondément ). Ne semblait pas vraiment concentrée sur sa création.

 

Pour conclure:

Ces observations étaient en adéquation avec celles déjà faites par l'équipe soignante. Si nous avions eu un projet art-thérapeutique à mener avec A., nous aurions axé nos objectifs sur les liens, la prise de distance et de plaisir, le lâcher prise ainsi que sur la gestion des difficultés.

Conclusion:

Cette expérience montre que même dans le cas de prises en charge courtes avec des groupes ouverts, l'art-thérapie a toute sa place, à condition de réussir à faire le lien entre tous les jeunes qui participent aux ateliers d'art-thérapie. S'il est vrai que bien souvent nous ne pouvons qu'enclencher des processus sans pouvoir les approfondir et les amener à leur terme, nos observations permettent de dégager des objectifs pour la suite de la prise en charge. Il nous semble que l'art-thérapeute pourrait, dans ce type de prise en charge, proposer la poursuite d'une indication d'art-thérapie à l'extérieur du centre hospitalier. Il pourrait également proposer un autre type de média s'il pense que le sien n'est pas en adéquation avec les problématiques ou la personnalité du jeune. Ces propositions ne peuvent se faire qu'en collaboration avec le reste de l'équipe soignante lors de réunions de synthèse.

Pour étayer nos hypothèses et notre mémoire, nous confronterons ce média avec le théâtre lors d'un prochain stage.

Annexes:

 

Annexe 1: Hundertwasser:

 

 

Friedrich Stowasser (* Vienne, 15 décembre 1928; † Nouvelle-Zélande, 19 février 2000), mieux connu sous le nom de Friedensreich Hundertwasser, était un artiste peintre, penseur et un architecte autrichien ou plutôt comme il l'a annoncé dans son manifeste prononcé le 24 janvier 1990, un médecin de l'architecture.

Il invente son nom d'artiste à partir de Frieden qui signifie «paix» et Reich «le royaume» ou bien reich «riche», Friedensreich se traduisant donc par le «Royaume de la paix» ou «riche en paix». Sto étant le mot tchèque pour «cent» (hundert en allemand) et wasser se traduisant par «eau», Hundertwasser veut donc dire «cent eaux». Dans le premier cas, la mise bout-à-bout des deux termes donne : «Le royaume de la paix (aux) cent eaux». Hundertwasser aimait souvent à citer la traduction japonaise de son nom (hyaku-sui).

Bien qu'il soit né et ait grandi en Autriche, la patrie de choix de Hundertwasser était cependant la Nouvelle-Zélande, et sa principale maison le navire Regentag (jour de pluie), un ancien navire de commerce réorganisé.


Son message est profondément, viscéralement écologiste et s'exprime très tôt par des performances remarquées, des manifestes écologiques, artistiques et architecturaux et dans toutes ses réalisations (peintures, affiches, timbres, maisons, architectures, livres...).

Ses manifestes portent des titres comme Ton droit à la fenêtre où il affirme que dans un habitat collectif, l'habitant est maître de tout ce qu'il peut atteindre de sa fenêtre autrement dit, le concepteur doit tenir compte des désirs de l'utilisateur, Pour une société sans déchet, La folie du nettoyage, La toilette-humus, etc. Il se soucie de "l'empreinte écologique" du citoyen et du citadin moderne. En conséquence il crée des immeubles avec des arbres aux fenêtres (l'arbre-locataire), conçoit et réalise en ville et à la campagne des maisons dont les toits sont recouverts de verdure et de végétaux, des sols à niveau inégal et encourage les propriétaires et les ouvriers à être créatifs et à apporter une touche personnelle à leur travail, par exemple grâce à la mosaïque. Il aime l'asymétrie et tout ce qui vient rompre l'ordre et la monotonie de la géométrie pure.

Son œuvre picturale est caractérisée par le foisonnement organique des formes et repose sur la brillance des couleurs. Couleurs qu'il emploie fréquemment (souvent plus douces) en architecture comme l'Or, emprunt au style baroque rococo.

On peut affirmer que Hundertwasser est un artiste inclassable marqué par un immense amour de la nature et l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste et écologique qui tente de concilier créativité artistique et écologie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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M
<br /> Coucou,<br /> J'ai été étonnée lorsque j'ai vu ton commentaire mais ça m'as fait enormément plaisir..Qui pouvait penser que tu suivais encore mes traces après ma sortie d'Antarès... Je n'ai pas essayé les<br /> soirées slam a Rennes parce que mes textes ne sont pas vraiment des textes à oraliser, je les écris plus pour moi, pour livrer sur papier ou sur page skyblog ce que j'ai encore du mal à dire<br /> ouvertement...Sinon je vais très bien, j'ai refais deux petits séjours à Antarès en 2009, mais depuis quelques mois tout va pour le mieux...J'ai pensé à toi il n'y a pas si longtemps car je suis en<br /> cours au CMP de Beaulieu, je ne sais pas si tu connais, c'est un établissement créer afin d'aider les jeunes ayant des difficultés d'ordre scolaire comme le phobie de l'école.Bref, lors d'un cours<br /> d'art plastiques, nous avons eu la chance de participer à une séance d'art thérapie...Beaucoup se sont braqués, pas moi, au contraire, ca m'a fait veaucoup de bien et cela j'en suis sure grâce aux<br /> séances que tu organisais au Bois Perrin..Je ne sais plus si j'ai eu l'occasion de te remercier avant de quitter l'unité, peu importe, je te le dis aujourd'hui...Mieux vaut tard que jamais!! Merci<br /> pour tout, ta bonne humeur, ton sourrire, tes idées extraordinairement étonnantes et entraînantes.J'ai beaucoup appris grace à ces petits moments et jamais je n'oublierai tout ça...Encore merci. Et<br /> toi, que fais-tu maintenant?<br /> <br /> <br />
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A
Sérieu super bien !!! Merci pour tout ces moments d'arts !!! J'espere ke tu te rapelle de moi !!! Aurore la copine a Margault qui est rester aussi lomptemps a Antarés !!!
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M
un seul mot à dire WAOUH!!! Impensable l'effet que cet article m'a fait. Ici écrit noir sur blanc mon évolution au fil de mon hospitalisation , un autre point de vu que le lien qui pour autant décrit bien ma prise en charge... Un ENORME merci pour ces séances d'art thérapie qui m'ont fait le plus grand bien même si je ne le disais pas au début ;)...merci pour tout
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C
Félicitations Stéf...! Et un grand merci d'avoir publié ce très intéressant rapport de stage qui va passionner tous les étudiants en Art-thérapie!<br /> Je t'envoie une bise, <br /> A très bientôt sur Rennes! ;-)<br /> Caroline
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V
Toutes mes félicitations ma belle ! Tu as clairement et irremédiablement trouvé ta voie :o)
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